IV
La flotte de Jagreen Lern venait sur eux, et au-dessus de son sillage planait la masse bouillonnante du Chaos.
Elric donna un ordre, et les rameurs redoublèrent d’efforts, lançant le Timber-tearer droit sur l’ennemi. Leurs alliés élémentaires n’avaient toujours pas fait leur apparition, mais Elric ne pouvait se permettre de les attendre.
Tandis que le Timber-tearer bondissait sur la vague écumeuse, Elric tira Stormbringer de son fourreau, rabattit les ailes latérales de son casque, et poussa l’immémorial cri de guerre de Melniboné, un hurlement plein d’une joie sinistre. La voix inquiétante de Stormbringer se joignit à la sienne, savourant le sang et les âmes qui lui étaient promises !
Le vaisseau amiral de Jagreen Lern était protégé par trois rangs de navires de guerre, et flanqué par les vaisseaux des morts.
Leur proue de fer éperonna un premier navire ennemi sous la ligne de flottaison ; les rameurs pesèrent sur les rames pour dégager l’étrave et la diriger contre un autre navire. Du navire touché, des volées de flèches fondirent sur eux, rebondissant avec fracas sur le pont et les armures. Plusieurs rameurs s’écroulèrent.
Elric et ses trois compagnons dirigeaient les opérations du pont supérieur lorsque, soudain, ils virent des boulets de feu vert traverser l’air.
— Paré à éteindre les feux ! hurla Kargan ; des soldats affectés à cet emploi bondirent vers les bacs contenant un mélange dont Elric leur avait indiqué la composition. Ils en couvrirent les ponts et les voiles ; lorsque les boules de feu retombèrent, elles furent promptement éteintes par cette substance.
— N’engagez la lutte que contraints ! cria Elric aux marins. Notre but est le vaisseau amiral. Si nous le prenons, cela nous donnera l’avantage !
— Et où sont vos alliés, Elric ? lui demanda Kargan sardoniquement, frémissant malgré lui en voyant au loin la matière du Chaos avancer de noirs tentacules vers le ciel.
— Ils viendront, n’ayez crainte, répondit Elric avec plus d’assurance qu’il n’en ressentait réellement.
Ils pénétrèrent au cœur de la flotte ennemie, suivis des navires de leur escadrille, qui lançaient un continuel barrage de pierres de feu.
Seuls quelques navires percèrent les premiers rangs ennemis et purent faire voile vers le vaisseau amiral de Jagreen Lern.
Voyant cela, les ennemis changèrent de cap pour aller protéger le navire du Théocrate, et les scintillants navires des morts vinrent l’entourer, naviguant à une vitesse phénoménale pour leur taille.
Kargan hurlait des ordres pour disposer ce qui restait de leur escadrille en une nouvelle formation.
Tristelune secoua la tête avec étonnement.
— Comment des choses aussi énormes peuvent-elles tenir la mer ?
— Il est probable qu’elles ne touchent même pas l’eau, lui répondit Elric.
Tandis que leurs navires manœuvraient, il regarda les colossales unités ; il y en avait vingt, plus grandes que tout ce qui sillonnait les mers du globe. Elles semblaient couvertes d’une couche humide et scintillante qui brillait de toutes les couleurs du spectre, brouillant leurs formes et empêchant de distinguer clairement les silhouettes qui s’affairaient sur leurs ponts gigantesques.
Des traînées noirâtres commencèrent à dériver autour d’eux, presque au niveau de l’eau. Les voyant, Dyvim Slorm s’écria :
— Voyez ! Le Chaos arrive ! Où sont Straasha et les siens ?
Elric secoua la tête avec inquiétude. Ils auraient dû être là, en effet.
— Il faut attaquer ! Nous ne pouvons attendre !
La voix de Kargan était plus aiguë que de coutume.
Une sombre et amère insouciance s’empara d’Elric, et il sourit :
— Allons, alors. Attaquons !
Rapidement, l’escadrille fila vers les inquiétants navires de la mort.
Tristelune marmonna :
— Nous courons à notre perte, Elric. Il faut être fou pour approcher de ces navires. Ils n’attirent que les morts ; encore y vont-ils sans joie !
Mais Elric ignora son ami.
Un étrange silence se fit à la surface des eaux, et l’on n’entendit plus que le battement des rames. Les navires de la mort les attendirent sans bouger, comme s’ils n’avaient nul besoin de se préparer à la bataille.
Elric serra plus fort la garde de Stormbringer. La noire lame semblait répondre au battement accéléré de son pouls, bougeant dans sa main au rythme de son cœur comme si veines et artères la liaient à lui.
Ils arrivèrent si près des navires de la mort qu’ils purent nettement distinguer les marins assemblés sur leurs ponts. Et, chose affreuse, Elric crut reconnaître les visages émaciés de plusieurs de ces morts, et ne put s’empêcher d’appeler le roi du peuple de la mer.
— Straasha !
Les eaux écumeuses se soulevèrent avec effort, puis retombèrent. Straasha l’avait entendu, mais il ne pouvait percer les forces du Chaos.
— Straasha !
Peine perdue : les eaux s’enflèrent à peine.
Elric sentit un désespoir effréné l’envahir. Il hurla à Kargan :
— Inutile d’attendre de l’aide. Il faut tenter de contourner la flotte du Chaos et attaquer Jagreen Lern par l’arrière !
Sous la conduite experte de Kargan, le navire décrivit un large demi-cercle pour éviter les Navires de l’Enfer. Les vagues balayèrent le pont et les embruns fouettèrent les visages des hommes. Elric put tout juste voir que les Navires du Chaos avaient engagé la bataille contre le reste de leur escadrille, modifiant la nature des charpentes, qui s’effondraient, noyant les malheureux hommes d’équipage ou leur faisant subir d’épouvantables transformations.
Il entendit les cris pitoyables des victimes et le tonnerre triomphal de la musique du Chaos qui s’avançait pour détruire le reste des vaisseaux orientaux.
Le Timber-tearer tanguait violemment et Kargan avait peine à le maîtriser, mais ils finirent par contourner la flottille infernale et foncèrent droit sur l’arrière du navire de Jagreen Lern.
Au moment où ils allaient l’éperonner, une lame les dévia. Du navire ennemi, les flèches pleuvaient sur eux. Leurs propres archers répondirent et Kargan réussit à manœuvrer de manière à les amener presque bord à bord avec le vaisseau amiral, sur lequel ils jetèrent leurs grappins. Quelques-uns atteignirent leur but, mais les hommes de Pan Tang en coupèrent les cordes. Ils en jetèrent d’autres, puis réussirent à lancer une plate-forme d’abordage, qui tomba avec un bruit sur le pont ennemi, suivie d’une autre.
Elric, suivi de Kargan, courut vers la plate-forme la plus proche et, accompagnés d’un détachement de guerriers, ils montèrent à bord du vaisseau ennemi et se mirent à la recherche du Théocrate.
Stormbringer prit une douzaine de vies et but autant d’âmes avant qu’Elric pût gagner le pont supérieur. Il y trouva un commandant chamarré, entouré d’un groupe d’officiers. Mais pas Jagreen Lern.
Elric monta la passerelle, coupant net en deux un homme qui voulait l’empêcher de passer. Il cria au groupe des officiers apeurés :
— Où est votre damné chef ? Où est Jagreen Lern ?
Le commandant était devenu très pâle, car il savait par expérience ce dont Elric et son épée étaient capables.
— Il n’est pas ici, Elric, je le jure.
— Quoi ? Suis-je de nouveau déjoué ? Je sais que vous mentez !
Elric s’avança vers les officiers qui reculèrent, en levant leurs épées.
— Notre Théocrate n’a pas besoin de se protéger par des mensonges, enfant du destin ! le railla un jeune officier, plus courageux que les autres.
— C’est bien possible, cria Elric avec un rire déchaîné en se précipitant sur lui, fouettant l’air avec Stormbringer, mais au moins j’aurai ta vie avant d’éprouver la vérité de tes dires. Mon épée et moi avons besoin d’un fortifiant, et ton âme nous ouvrira l’appétit avant que nous buvions celle de ton maître !
L’homme leva son épée pour parer le coup que lui portait Stormbringer, mais l’épée runique mordit à travers le métal avec un cri triomphal, se releva, puis plongea profondément dans le flanc de l’officier. Il étouffa un cri, mais resta debout, les mains jointes.
— Non, gémit-il. Oh non, pas mon âme ! Non !
Ses yeux s’agrandirent et furent traversés d’un éclair de folie. Stormbringer repue, Elric la retira du cadavre. L’homme ne lui avait inspiré aucune sympathie.
— Ton âme était, de toute façon, destinée à l’enfer, dit-il d’un ton léger. Au moins aura-t-elle servi à quelque chose.
Voulant éviter de subir le même sort, deux officiers escaladèrent la rambarde. Elric coupa le poignet de l’un, qui tomba en hurlant sur le pont inférieur ; sa main resta accrochée à la rambarde. Il embrocha l’autre dans les tripes, et Stormbringer suça lentement son âme tandis qu’il faisait des efforts incohérents dans le vain espoir d’éviter ce qui ne saurait être évité.
Elric possédait maintenant une vitalité telle qu’il parut voler plutôt que courir vers le groupe qui entourait le commandant, leur tranchant bras et jambes comme s’il eût coupé des fleurs. Il se retrouva enfin face au commandant, qui lui dit d’une voix faible et tremblante :
— Je me rends. Ne prenez pas mon âme.
— Où est Jagreen Lern ?
Le commandant désigna, au loin, les Navires du Chaos, qui s’acharnaient sur la flotte orientale.
— Là ! Il navigue avec le Seigneur Pyaray du Chaos, qui commande cette flotte. Vous ne pouvez l’y atteindre, car tout homme non protégé voit sa chair, à moins qu’il ne soit déjà mort, liquéfiée dès qu’il approche de ces navires.
— Ce rejeton infernal m’échappe encore une fois. Elric cracha. Voilà le prix de vos renseignements…
Sans éprouver de pitié pour un de ceux qui avaient ravagé et réduit en esclavage deux continents, Elric introduisit sa lame dans l’armure finement ciselée et, délicatement, avec le raffinement maléfique de ses ancêtres, lui chatouilla le cœur avant de l’achever.
Il chercha Kargan des yeux, mais ne put le trouver. Puis il vit que la flotte du Chaos revenait vers eux ! D’abord, il crut que c’était parce que Straasha se manifestait enfin, puis il vit que tout le reste de la flotte orientale avait pris la fuite.
Jagreen Lern était vainqueur. Leur stratégie, leur savoir, leur courage… rien de tout cela n’avait pu résister aux horribles effets du Chaos.
Et maintenant, les Navires de l’Enfer venaient sur les deux vaisseaux amiraux qui étaient toujours reliés par leurs deux grappins.
Elric vit Dyvim Slorm et Tristelune venir vers lui en courant, et leur cria :
— Jetez-vous par-dessus bord ! Et nagez pour vos vies, aussi vite que vous le pourrez, car la flotte du Chaos arrive !
Ils le regardèrent d’abord avec stupéfaction, puis comprirent qu’il disait vrai. De tous côtés, des hommes plongeaient déjà dans les eaux teintées de sang. Elric rengaina son épée et plongea à son tour. Malgré tout le sang chaud qui y avait coulé, la mer était froide, et, d’abord engourdi, il nagea vers Tristelune, dont il apercevait la tignasse rousse, non loin de la chevelure couleur de miel de Dyvim Slorm.
Il se retourna et vit que la carcasse des deux vaisseaux commençait à fondre en formant d’étranges torsades à l’approche des Navires de l’Enfer. Il se sentit très heureux de ne pas être resté à bord.
Il rejoignit enfin ses deux amis.
— Une mesure à court terme, dit Tristelune en recrachant de l’eau. Et maintenant ? Allons-nous nager jusqu’aux Cités Pourpres ?
L’humour de Tristelune ne semblait pas avoir souffert de la défaite de leur flotte et de la proximité du Chaos. L’île était en effet, bien loin…
Puis sur leur gauche, ils virent l’eau bouillonner et donner naissance à une forme qui était familière à Elric.
— Straasha !
— Je n’ai pas pu t’aider, je n’ai pas pu t’aider. J’ai essayé, mais mon ennemi immémorial est trop fort pour moi. Excuse-moi. En compensation, je peux t’amener avec tes amis dans mon pays. Ainsi vous serez au moins sauvés du Chaos.
— Mais nous ne pouvons pas respirer sous l’eau !
— Vous n’en aurez pas besoin.
— Fort bien, alors.
Confiants dans la promesse de l’esprit des eaux, ils se laissèrent entraîner vers les froides et vertes profondeurs, jusqu’aux régions où la lumière ne pénètre jamais et où tout est noir et dense, et ils vécurent, bien que normalement la pression eût dû les écraser.
Ils suivirent d’interminables grottes sous-marines et arrivèrent enfin dans un lieu de constructions rondes couleur de corail, qui semblaient dériver paresseusement au gré des courants. Elric avait lu la description dans un de ses grimoires : c’était le domaine du Roi de la Mer.
Le souverain des eaux les porta jusqu’au plus grand de ces édifices, dont une section s’effaça afin de leur donner passage. Ils avançaient maintenant dans de sinueux couloirs d’un rose délicat, et n’étaient plus dans l’eau, mais sur le plan des esprits élémentaires. Ils s’arrêtèrent dans une grande caverne circulaire aux parois polies. Faisant en marchant un bruit d’eaux vives, le Roi de la Mer alla s’asseoir sur un grand trône de jade laiteux et posa sa tête verte et barbue sur son poing vert.
— Elric, je regrette sincèrement de n’avoir pu t’aider. Tout ce que je puis, c’est te faire ramener dans ton pays lorsque tu auras pris quelque repos ici. Il semble que nous soyons tous impuissants contre la force que le Chaos a acquise ces derniers temps.
— Oui, dit Elric songeusement, rien ne peut s’opposer à son influence destructive… si ce n’est le Bouclier du Chaos.
Straasha se redressa en entendant ce nom.
— Le Bouclier du Chaos… Ah ! oui. Il appartient à un dieu exilé, n’est-ce pas ? Mais son château est pratiquement impénétrable.
— Pourquoi cela ?
— Il se trouve sur le plus haut sommet d’une haute montagne solitaire, et l’on y accède par cent soixante-neuf marches bordées de quarante-neuf vénérables sureaux, dont tu devras particulièrement te méfier. De plus, il est gardé par cent quarante-quatre guerriers.
— Oh ! je me méfierai certainement de ces guerriers, mais pourquoi des sureaux ?
— Chacun d’eux abrite l’âme d’un des acolytes de Mordaga, dont ce fut la punition. Ce sont des arbres hargneux, toujours prêts à se venger sur quiconque pénètre dans leur domaine.
— Je vois qu’il ne sera pas facile de m’approprier ce bouclier… dit Elric. Mais il le faut, pour que ne soient pas réduits à néant les desseins de la Providence, et grâce à lui, je pourrai me venger du commandant de la flotte du Chaos et de Jagreen Lern.
— Si vous tuez Pyaray, Seigneur de la Flotte Infernale, ses navires périront aussi, faute de direction. Sa force vitale est contenue dans un cristal bleu enchâssé au sommet de son crâne. Le seul moyen de le tuer est de frapper ce cristal avec une arme spéciale.
— Merci, dit Elric avec reconnaissance. Le moment venu, ce renseignement me servira.
— Quels sont vos plans, Elric ? demanda Dyvim Slorm.
— Pour le moment, oublier tout le reste et m’emparer du bouclier du géant triste. Il le faut ; autrement, toutes les batailles que nous livrerons seront une répétition de celle que nous venons de perdre.
— Je viens avec vous, promit Tristelune.
— Moi aussi, dit Dyvim Slorm.
— Il nous faut un quatrième compagnon si nous voulons accomplir la prophétie. Je me demande ce qu’est devenu Kargan.
Tristelune baissa les yeux.
— Vous n’avez pas remarqué ?
— Remarqué quoi ?
— Sur le navire de Jagreen Lern, lorsque vous pourfendiez les ennemis pour atteindre le pont supérieur… Ne savez-vous donc pas ce que vous avez fait alors… ou plus exactement ce que votre maudite épée a fait ?
Elric sentit ses forces l’abandonner.
— Non… L’aurais-je… l’aurait-elle tué ?
— Oui.
— Dieux ! Il leur tourna le dos et arpenta la caverne en frappant du poing dans sa paume. Une fois de plus, la lame infernale m’extorque le prix de ses services… Une fois encore elle a bu l’âme d’un ami. C’est miracle que tu sois encore à mes côtés !
— C’est en effet assez incroyable, dit Tristelune. Mais comme je lui ai échappé jusqu’à présent, je suppose qu’elle ne m’aime guère, sans quoi elle m’aurait mordu depuis longtemps.
— Peut-être. Mais Kargan était un bon ami, et je le pleure.
— Écoutez-moi, Elric, dit Tristelune. Vous savez que c’est le Destin, et non pas vous, qui est responsable de sa mort.
— Sans doute, mais pourquoi dois-je toujours être l’instrument du Destin ? J’hésite à faire la liste de tous les amis et alliés dont mon épée a volé les âmes. Il m’est suffisamment haïssable qu’elle doive boire des âmes pour me donner de la vitalité, mais qu’elle s’en prenne à mes amis, je ne le supporte pas. Oh ! parfois j’aurais envie de m’aventurer au cœur du Chaos pour nous y sacrifier tous deux ! La faute est en partie la mienne, car si je n’étais pas faible au point d’avoir besoin de cette lame, bien des hommes qui étaient mes amis seraient encore en vie.
— Et pourtant, dit Tristelune, le dessein majeur de votre épée me paraissait noble… Oh ! je n’y comprends plus rien. Les paradoxes s’ajoutent aux paradoxes. Les dieux sont-ils fous, ou sont-ils si subtils que nous ne pouvons imaginer le fonctionnement de leurs esprits ?
— En des temps comme ceux que nous vivons, les grands desseins nous échappent, intervint Dyvim Slorm. Nous n’avons même plus le temps de penser ; nous passons d’une bataille à l’autre, et en arrivons à oublier pourquoi nous nous battons.
— Ces desseins sont-ils vraiment si grands ? Elric sourit avec amertume. Si nous sommes les jouets des dieux, ces dieux ne sont-ils pas eux-mêmes de simples enfants ?
— Ces questions n’ont pas d’importance, dit Straasha de son trône.
— Au moins, dit Tristelune à Elric, les générations à venir seront reconnaissantes à Stormbringer d’avoir accompli sa destinée.
— Si Sepiriz dit vrai, lui répondit Elric, les générations futures ignoreront tout de notre existence, et de celle de nos épées !
— Consciemment peut-être, mais dans les profondeurs de leur esprit, ils se souviendront. On attribuera nos actions à des héros portant d’autres noms, voilà tout.
Elric soupira.
— Tout ce que je demande, c’est que le monde m’oublie.
Impatienté par cette vaine discussion, Straasha se leva de son trône.
— Venez, je vais m’occuper de vous faire regagner la terre ferme, si vous ne voyez pas d’objection au mode de transport utilisé ?
— Aucune, dit Elric.